LES ENFANTS ET LE KENDO
Présentation
par Francis Hollier Conseiller Technique Régional de Kendo ,
Membre du Comité Directeur de la Ligue de Picardie de Judo
Information
synthétique
Art martial le
plus populaire, il compte au Japon plus de 20 millions de
pratiquants. Dès l’âge de 4 à 5 ans, garçons et filles peuvent
apprendre le Kendo.
Ses vertus pour parvenir à un juste équilibre entre le corps et
l’esprit sont telles que cet art martial fait partie des
programmes scolaires et universitaires des Japonais.
Suivons ces
enfants, parmi beaucoup d’autres, dans un cours normal de Kendo.
Début du
cours : c’est le
défoulement dans lequel les jeux se succèdent puis viennent les
mouvements de gymnastique, étudiés pour développer
harmonieusement toutes les parties du corps.
Déjà le salut, bien aligné, en position de méditation, le buste
droit, les épaules décontractées, commence la concentration
indispensable à la pratique des arts martiaux.
Shinaï en main, suivent les suburi, les uchi
komi, en un mot l’étude des frappes fondamentales. Les
frappes : men (tête), kote (poignet), do (poitrine),
tsuki (gorge), combinées avec le déplacement du corps,
exigent de coordonner les mouvement des bras et des jambes en
travaillant son équilibre. C’est l’apprentissage de la parfaite
maîtrise du corps et la découverte qu’efficacité est synonyme de
beauté et de pureté du mouvement.
Puis viennent
pour eux et pour les plus anciens le moment de s’équiper : le
men qui protégera la tête, les koté - les poignets, le do
- la poitrine et le tare - les hanches. A travers la grille de
leur men, ils voient les nouveaux les regarder et ils se
rappellent avec quelle impatience ils attendaient eux aussi ce
grand moment de revêtir l’armure, retrouvant ainsi pleinement
l’art des samouraïs. Les exercices fondamentaux sont repris mais
réalisés cette fois sur un Kendoka en armure. Phase importante
car elle apprend les notions de distance, de contrôle de soi, et
fournit des réponses instantanées sur la qualité et la
coordination des mouvements.
A ces exercices,
suivant les niveaux, s’ajoutent progressivement l’enseignement
des différentes techniques qui prépare le jeune enfant à une
pratique réfléchie du combat. Le Kendo est un art martial, donc
sport de combat et comme tel est vécu en fin de cours par le
Kendoka en armure, c’est alors le geiko.
Depuis quelques mois, ces enfants ont compris qu’il ne s’agit
pas de combattre n’importe comment mais de canaliser leur
agressivité, d’analyser à tout moment la situation pour créer et
saisir les opportunités.
Réflexion, vitesse, technique sont donc intimement liées et sans
relâche travaillées.
Dernier instant
du cours, après un ultime défoulement de l’ensemble des Kendoka,
avec ou sans armure, c’est le salut, moment privilégié qui
permet de faire le vide en soi, de se détendre complètement
|